![]()
la grande mosquée d'Alger date:25/11/2007



Les élèves du sud partageant les tables et les chaises
Elles sont belles vos réformes M. Benbouzid !
Lorsque notre correspondant du Sud nous a envoyé une photo de quatre écoliers partageant la même table, nous sommes restés bouche bée. Pire encore, nous étions outrés de voir des élèves assis par terre pour suivre les cours, sur une autre photo. Ainsi au moment où les élèves du nord et des grandes villes ont droit à du matériel et du mobilier scolaire financé par l’argent du pétrole et du gaz naturel du sud, ceux du sud souffrent le martyre pour acquérir quelques notions pouvant leur servir plus tard. Cependant le ministère de l’éducation nationale ne cesse de parler de « réforme ».
Adrar est l’une des villes que nous avons visitées et le moins qu’on puisse dire c’est que le secteur de l’Education dans cette wilaya nagent dans les problèmes. Depuis la rentrée scolaire, ces problèmes sont plus évidents, la carte de l’éducation de la wilaya enregistre des failles en tout genre, concernant l’aspect social ou humain. On recense ainsi un manque flagrant dans les structures, un encadrement qui laisse à désirer et un entretien négligé.
Sur un autre plan et dans une autre wilaya, nous étions choqués d’apprendre que des élèves se relayaient sur les chaises à Laghouat. Le problème de l’équipement est apparemment un point commun entre ces villes du sud algérien. Le nombre élevé d’élèves et le peu de moyens font que des écoliers partagent une table alors que d’autres s’assied par terre.
Par ailleurs, les syndicats indépendants ont accusé la tutelle d’être responsable des répercussions de la situation et du fait de n’avoir pas mis en place une stratégie pour faire face au problème de surcharge. Un problème qui résulte essentiellement des réformes appliquées. Les syndicats ont mis en garde contre les conséquences de ce phénomène et son impact sur le cursus scolaire des élèves.
Le coordinateur du Conseil National des Enseignants du Secondaire et du Technique a qualifié « d’injustice » la décision du ministre de sanctionner les directeurs et les enseignants en cas d’échecs scolaires à la fin de l’année. Nouar Larbi trouve injuste que les enseignants payent le prix des répercussions d’une politique éducative unilatérale.
27-11-2007
Par R. L/ Traduit par B. A
par M. Saâdoune
Oui, le système colonial a été profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République : liberté, égalité, fraternité. »
En prononçant solennellement cette petite phrase, tant attendue, à Alger comme à Paris, Nicolas Sarkozy, qui a dû manifestement consentir un trésor d’efforts sur lui-même, a, en fait, lu un verdict injuste devant de très larges secteurs de l’opinion algérienne. C’est une qualification des faits qui nous renvoie tout droit vers les atrocités des années 1950. Et là, il faut bien reconnaître qu’il n’y a vraiment pas photo entre ce que fut la longue nuit coloniale et l’expression discursive du président français. En cela, tous les Algériens ont dû être déçus, voire choqués par le propos douillettement sympathique et faussement indigné de Nicolas Sarkozy à l’égard de la colonisation. Et c’est très chèrement payé puisque le chef de l’Elysée repartira demain avec 5 milliards d’euros de contrats dans l’escarcelle en contrepartie d’une énième provocation ! Le nouveau locataire de l’Elysée nous apprend en 2007 – nous les indigènes – que le système colonial a été profondément injuste ! Quelle belle trouvaille sémantique ! Et quel bel euphémisme… ! Le président français dont on attendait un peu de courage politique pour quelqu’un qui a promis la rupture a donc préféré surfer sur le changement dans la continuité. Incassable, Sarkozy s’est donc laissé enfermé dans cet ego patriotique, typique aux militants de l’extrême droite française qui rechignent à nos jours à regarder leur passé aussi terrifiant qu’abominable en Algérie. Un passé fait de sang et de larmes. On attendait un peu cet épilogue provocateur aux entournures d’un homme qui a cru nécessaire de se faire accompagner par son secrétaire d’Etat aux anciens combattants, Alain Marleix, pendant que le ministre algérien des Moudjahidine a été sciemment « zappé » de la liste du comité algérien d’accueil.
Deux mots pour 5 milliards d’euros...
« Voilà le travail de mémoire que je suis venu proposer au peuple algérien », a dit Sarkozy du haut de sa tribune devant les hommes d’affaires nationaux et, bien sûr, devant des millions d’Algériens « scotchés » devant le petit écran épiant la phrase – sentence –, qui allait sceller, croyaient-ils, définitivement les retrouvailles entre nos deux pays. Et, la déception fut à la mesure de l’attente. Pour la reconnaissance des crimes et la condamnation de la colonisation française, il va falloir repasser…Sarkozy ne sera pas – du moins pour l’instant –, l’homme qui allait réconcilier les deux peuples. Comme en juillet dernier, lorsqu’il avait abusé des usages diplomatiques en déclarant qu’il n’était pas « venu s’excuser », devant son homologue algérien, le patron de l’Elysée a encore enfoncé le clou et remué le couteau dans la plaie, ce lundi au Palais du peuple. A croire qu’il n’est capable que du pire… Et, suprême injure, le président français s’est permis l’incroyable cynisme de mettre le bourreau et la victime dans le même sac. « Oui, des crimes terribles ont été commis tout au long de la guerre d’indépendance, qui a fait d’innombrables victimes des deux côtés (…), ce sont toutes les victimes que je veux honorer. » Il faut reconnaître qu’avec une aussi grossière confusion des genres, Nicolas Sarkozy a dû faire baver de jalousie Le Pen et les tortionnaires de tout acabit qui reprennent du poil de la bête en France. Il est resté indéniablement en phase avec la scandaleuse rhétorique développée par son « UMP » en 2005. Pour un président qui veut « bâtir un partenariat d’exception » avec l’Algérie, il a fait preuve d’une maladresse verbale tout aussi exceptionnelle. Et comme pour tirer une dernière salve avant son retour sans doute triomphant à Paris, l’invité du président Bouteflika fait un clin d’œil attendrissant à ses concitoyens qui ont quitté l’Algérie en 1962. Une façon bien subtile de tordre le cou aux autorités algériennes coupables, d’après lui, d’avoir renvoyé les colons chez eux et d’avoir fait preuve d’inhospitalité… « Mais il est aussi juste de dire qu’à l’intérieur de ce système, il y avait beaucoup d’hommes et de femmes qui ont aimé l’Algérie, avant de devoir la quitter. » Ainsi, aussi « profondément injuste » qu’il fut, le système colonial, suggère-t-il, était animé et encadré par des hommes et des femmes qui aimaient l’Algérie ! Et voilà qu’on est en plein dans l’article 04 de la scélérate loi du 23 février 2005 énonçant le rôle positif de la France coloniale !
par Salah-Eddine K.

par El-Houari Dilmi & S. Chalal
par Salah C. Et T. Mansour
par Salah-Eddine K.
Pour de nombreux encadreurs de la biaâtha, censés faire le travail pour lequel ils sont grassement payés, bien logés et même bien nourris pour certains, le hadj, c’est pain bénit. Et au diable leur mission qui consiste justement à entourer les vieux hadjis qui n’ont personne ici pour s’occuper d’eux !
La Mecque (Arabie Saoudite). De notre envoyé spécial
Talgouni ! Talgouni ! (lâchez-moi ! lâchez-moi !) Vous voulez me renvoyer à Chlef... » Ammi Abdelkader, le corps frêle et le regard absent, se débat comme un forcené pour se libérer de l’étreinte de quatre hadjis qui voulaient l’emmener au centre médical. Pieds nus et libass al ihram (la tenue du hadj) mal rangé, il ne demande rien sinon qu’on le laisse en paix. Pour un homme dont l’âge frise les 80 ans, ce vieux, venu réaliser le rêve de toute une vie, fait brusquement connaissance avec la solitude, le laisser-aller et les aléas de la rue, ici, à Mecca. Il a fallu une bonne dizaine de personnes pour le maîtriser et « l’encastrer » de force sur une chaise roulante, pour qu’il aille éventuellement se reposer dans le centre de santé de la mission. Pour ceux qui l’ont sauvé, peut-être même, d’une mort certaine, la mission est terminée. Mais pour le personnel du centre des soins, le cauchemar ne fait que commencer... Pour cause, ils sont des dizaines de vieux et de vieilles, parfois violents, à y être acheminés quotidiennement. Leur prise en charge est une vraie corvée pour le personnel médical : gémissements, déplacements incessants et tentatives de fugue. « Vous voyez dans quelles conditions nous travaillons... Quand on vous envoie des gens dont l’état de santé frise la démence, dites-moi comment pouvons-nous soigner les autres malades inoffensifs ? » Le responsable du centre médical, le docteur Lougar, est débordé. L’insondable humanité dont font preuve, lui et les 120 médecins et infirmiers qui l’entourent, est appréciée de tous, ici, au siège de la mission. Son service est sans doute le souffre-douleur — au propre comme au figuré — de toute la biaâtha. Pendant que des dizaines d’agents de la mission, arborant des liquettes bleues flanquées de l’inscription « Mission algérienne du hadj », tuent le temps à ne rien faire, le personnel médical ainsi que les animatrices du bureau des égarés font face à une ruée des taïhine, des malades mentaux, ou encore des cortèges de hadjis souffrants qui viennent soulager leur mal. Pour de nombreux encadreurs de la biaâtha, censés faire le travail pour lequel ils sont gracieusement payés, bien logés, et même bien nourris pour certains, le hadj, c’est pain bénit. Et au diable leur mission qui consiste justement à entourer les vieux hadjis qui n’ont personne ici pour s’occuper d’eux ! Il est d’ailleurs rare d’apercevoir un agent de la biaâtha dehors pour éventuellement dénicher un égaré algérien.Ils ne quittent leur bureau ou la cour des « bousse-boussettes » (les bises) que le temps d’aller accomplir les prières ou faire des emplettes.
La tête du « client »
Et quand un taïh arrive, c’est avec dédain que certains le dévisagent avant de le… cueillir par une salve de questions, souvent teintées de mauvais sens. Le vieux devait presque s’excuser de s’être égaré face à certains agents manifestement malveillants. Mais quand c’est une VIP, ça change tout…On se précipite vers elle, on lui embrasse la tête et parfois la main et on l’aide à se débarrasser des bagages. Ici, c’est selon la tête du client. Signe de cette indifférence à la limite du mépris, cette scène à laquelle nous avons assisté de nuit au siège de la mission. Il était minuit passée mardi quand un jeune hadj saoudien arrive à la cour de la biaâtha, flanqué d’un vieux hadj perdu à cette heure indue de la nuit dans le brouhaha de la rue de Mecca. Visiblement exténué, l’homme clopinait en compagnie du généreux étranger qui le soutenait par le bras. Notre hadj n’avait aucun papier sur lui ; sans doute avait-il été délesté de sa sacoche. Le Saoudien s’adresse à nous pour savoir à qui il allait confier le vieux. A deux mètres de nous, l’agent de permanence, la cinquantaine bien entamée, en tenue de surcroît, ne bronche même pas. Il cause allégrement avec son ami sans trop prêter attention à la « victime » ni même à ce Saoudien qui lui ramène un égaré. Les deux hommes s’avancent vers lui, et l’accompagnateur lui demande ce qu’il faut faire. Le visage de l’agent s’assombrit brusquement, lui qui vient d’être dérangé dans sa longue causerie avec son compagnon de nuit. Méprisant, voire agressif, le « missionnaire » bombarde le vieux sur un ton d’interrogatoire, sans même se lever — ne serait-ce que pas respect à l’étranger — du tabouret sur lequel il était assis à palabrer nonchalamment avec son copain. Nous, journalistes, suivions avec stupéfaction la scène. Quelle ne fut notre surprise d’entendre ce monsieur ordonner au… Saoudien de diriger le vieux vers le bureau des égarés… L’étranger s’exécute pour finir en beauté son geste humanitaire et l’agent indélicat reprend tout aussi joyeusement son travail : radoter à n’en plus finir. Pour lui, la permanence a été cool. Pour le Saoudien, l’image de la mission algérienne, voire de l’Algérie, ne serait pas un exemple à suivre. Après avoir laissé son compagnon d’infortune, le hadj saoudien prend congé et s’excuse d’un « salam alaïkoum » auquel l’agent ne répondit même pas…
« Je n’ai rien mangé… »
Des mésaventures aussi invraisemblables, à quelques encablures du Haram Echarif, sont malheureusement légion. Et quelques situations s’apparentent à une non-assistance à personne en danger. Et ce n’est pas ammi Saïd qui nous dira le contraire. Ce vieux a dû passer une journée qu’il n’oubliera pas de sitôt lundi dernier. Ayant été acheminé par des étrangers vers 12h au siège de la biaâtha pour y être raccompagné à son hôtel, il a dû poireauter pendant 6 heures le ventre creux de surcroît.A chaque fois qu’il sollicite un agent, celui-ci l’invite à patienter un « moment ». Mais le moment s’allonge, en minutes, puis en heures pour finir avec une demi-journée dans la cour à bronzer au soleil sans que personne ne se soucie de lui. Il est 18h. Dans une tentative de dernière minute, le vieux qui tient difficilement debout nous prie de faire quelque chose pour lui. « Ya oulidi koul’houm yeddouni elloutel, rani aâyane... » (mon fils dis-leur de m’emmener à l’hôtel, je suis fatigué). Ammi Saïd a été remarqué pour être le plus « ancien » égaré qui n’avait pas été pris en charge. Il fallait donc faire quelque chose. Nous le tenons par la main et le dirigeons vers le bureau des « taïhine » devant le regard indifférent de quelques membres de la biaâtha. Allongé sur un matelas, le vieux pose une main sur le ventre et lâche, visiblement intimidé, ceci : « Mon fils ramène-moi quelque chose, je n’ai rien mangé... » Des aveux qui nous déchirent le cœur, alors que vous êtes l’invité de Dieu. C’est que ammi Saïd, dans sa posture peu enviable d’égaré et de laissé-pour-compte, aurait pu être votre père ou votre proche. Les agents de la biaâtha sont-ils à ce point incapables d’allier piété et pitié ? Heureuses les familles de ces malheureux hadjis qui n’ont rien vu.
par M. Saâdoune
QUE FERA L'ARMEE ?
par Djamel B.